
Série « Secteur informel, PME et économie en Afrique », article 3 sur 11
Cet article prolonge l’analyse développée dans « Faut-il vraiment formaliser le secteur informel ? » : plutôt que de forcer l’informel à se formaliser, l’intégrer en partant de ce qu’il fait déjà.
On accuse volontiers le petit commerçant de fuir les règles. On parle moins de l’entreprise immatriculée, cachet en main, qui ne tient pas de comptes, ne dégage aucun bénéfice et vit de relations plutôt que de clients. Le vrai clivage n’oppose pas le formel à l’informel : il sépare ce qui est structuré de ce qui ne l’est pas.
Introduction : deux images d’Abidjan
Au marché Gouro d’Adjamé, les vendeuses du vivrier n’ont ni SARL ni registre du commerce. Elles ont pourtant une coopérative, une présidente élue en assemblée générale, et la capacité de mobiliser toutes les coopératives du vivrier « en vue d’une action coordonnée » lorsqu’un conflit les oppose à un promoteur (Kpodion, 2015). À quelques kilomètres, d’autres structures ont tout ce qui manque aux premières : des statuts, un numéro d’immatriculation, un compte bancaire. Mais pas de comptabilité tenue, pas de stratégie, pas de clients en dehors de quelques marchés obtenus par relations. J’ai fréquenté les deux mondes ; c’est le second qui m’inquiète.
Les chiffres disent la même chose. En 2023, seules 47,9 % des entreprises formelles ivoiriennes interrogées par la Banque mondiale l’étaient dès le démarrage de leur activité, contre 79,3 % en moyenne en Afrique subsaharienne (Banque mondiale, 2023). Le formel d’aujourd’hui est souvent l’informel d’hier : l’immatriculation est venue après, parfois pour accéder à un marché. Elle n’a pas, à elle seule, changé la manière de travailler.
On ne fait pas entrer l’informel dans le formel par décret. Cet article pose la question inverse : que vaut le formel lorsqu’il n’est qu’une façade ? Et que doit-on récompenser : le cachet, ou la capacité à créer de la valeur ?
I. Formel ne veut pas dire structuré
Les statisticiens le savent depuis longtemps : la frontière entre formel et informel ne passe pas là où on la croit. L’Organisation internationale du Travail distingue le secteur, c’est-à-dire l’unité de production, de l’emploi, c’est-à-dire la situation du travailleur. En Afrique, 76,0 % de l’emploi relève du secteur informel ; mais l’emploi informel existe aussi à l’intérieur des entreprises formelles, où il représente 5,5 % de l’emploi total et 9,4 % de l’emploi hors agriculture (OIT, 2018). Des entreprises en règle avec le registre du commerce emploient donc des salariés sans contrat ni cotisation.
L’inverse est tout aussi vrai. En Afrique francophone, les « grands informels » réalisent parfois un chiffre d’affaires qui rivalise avec celui d’entreprises formelles (Benjamin et Mbaye, 2012). Pour Max Gallien et Vanessa van den Boogaard, l’opposition binaire entre formel et informel est l’une des idées fausses qui ont fait échouer tant de politiques de formalisation (Gallien et van den Boogaard, 2023). Rafael La Porta et Andrei Shleifer, qui défendent pourtant une lecture sévère de l’informel, situent l’écart de performance d’abord dans le capital humain : les entreprises informelles sont dirigées par des entrepreneurs bien moins instruits que ceux du formel (La Porta et Shleifer, 2014). Ce qui fait la différence, ce n’est pas le statut ; ce sont les compétences, l’organisation et les règles internes.
Encadré. Formel, informel, structuré : de quoi parle-t-on ? Formel : inscrit dans les registres de l’État (registre du commerce, identifiant fiscal). Informel : non inscrit, ou partiellement. Structuré : doté d’une organisation qui permet de durer et de grandir, comptes tenus, objectifs suivis, règles de décision, séparation entre la caisse de l’entreprise et celle du dirigeant. Le croisement donne quatre cases. Les politiques publiques ne regardent que la première distinction ; c’est la seconde qui détermine la création de valeur.
II. Les symptômes, chiffres à l’appui
L’enquête de la Banque mondiale auprès de 649 entreprises formelles ivoiriennes, conduite d’avril à septembre 2023, permet de mesurer ce que l’immatriculation ne garantit pas (Banque mondiale, 2023).
Encadré : ce que révèle l’enquête 2023 sur les entreprises formelles ivoiriennes
| Indicateur (2023) | Côte d’Ivoire | Afrique subsaharienne |
|---|---|---|
| Formelles dès le démarrage de l’activité | 47,9 % | 79,3 % |
| Indice des pratiques de gestion (sur 100) | 41,7 | 49,6 |
| Score de suivi des indicateurs de performance | 16,0 | 34,4 |
| Entreprises offrant une formation formelle | 27,1 % | - |
| « Cadeaux » attendus lors des rencontres avec le fisc | 20,3 % | 14,4 % |
| En concurrence avec des entreprises informelles | 76,5 % | 62,5 % |
Source : Banque mondiale (2023), Enterprise Surveys, Côte d’Ivoire 2023.
Une gestion à vue. L’indice des pratiques de gestion, qui mesure la manière dont l’entreprise fixe ses objectifs, suit ses résultats et récompense la performance, atteint 41,7 sur 100, contre 49,6 en Afrique subsaharienne. L’écart est plus net encore pour le suivi des indicateurs de performance : 16,0 contre 34,4 (Banque mondiale, 2023). Une entreprise qui ne mesure pas ce qu’elle produit ne sait ni ce qu’elle gagne, ni où elle perd. C’est le « sans contrôle interne » que chacun a rencontré.
Des compétences peu entretenues. Un peu plus d’une entreprise formelle sur quatre (27,1 %) offre une formation formelle à ses salariés (Banque mondiale, 2023). Le déficit de formation, que je place à l’origine de l’informel dans « Faut-il vraiment formaliser le secteur informel ? », ne s’arrête donc pas à la porte du formel.
La relation plutôt que le marché. Une entreprise sur cinq (20,3 %) déclare s’attendre à offrir des cadeaux lors de ses rencontres avec les agents des impôts, contre 14,4 % en moyenne régionale ; 19,8 % ont fait l’objet d’au moins une demande de pot-de-vin, et la corruption est citée comme le principal obstacle par 37,0 % des grandes entreprises (Banque mondiale, 2023). La Côte d’Ivoire obtient 43 sur 100 à l’indice de perception de la corruption 2025, au 76e rang sur 182 (Transparency International, 2026). Dans un tel environnement, l’entreprise la mieux introduite peut l’emporter sur la mieux gérée.
Un paradoxe. Trois entreprises formelles sur quatre (76,5 %) disent subir la concurrence d’entreprises informelles, bien plus que la moyenne régionale (62,5 %) (Banque mondiale, 2023). Or beaucoup en sont issues. Le problème n’est donc pas seulement la concurrence « déloyale » de l’informel ; c’est aussi la faiblesse d’un formel qui ne se distingue ni par la qualité, ni par l’organisation.
III. La commande publique, révélateur et accélérateur
Les marchés publics sont le lieu où l’informalité en costume-cravate se voit le mieux, car c’est là que l’immatriculation rapporte le plus. Deux documents officiels décrivent l’année 2023, et ils ne disent pas la même chose sur un point essentiel : la part du gré à gré, c’est-à-dire des marchés attribués sans mise en concurrence.
La communication en Conseil des ministres du ministère des Finances et du Budget, fondée sur la situation des marchés approuvés à fin décembre 2023, recense 5 288 marchés pour 1 101,9 milliards de FCFA ; les marchés de gré à gré en représentent 14,8 % en montant (252 marchés, 163,0 milliards), contre 13,3 % en 2022. La hausse est attribuée principalement aux dépenses urgentes liées à la CAN 2023 (DGMP, 2024).
Le rapport général de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), sur des données également attribuées à la DGMP, retient pour 2023 un total de 4 003 marchés pour 1 199,5 milliards de FCFA, dont 421 de gré à gré pour 492,1 milliards, soit 41 % du montant, contre 13,2 % en 2022 (ARCOP, 2025).
Les deux sources concordent sur 2022 (333 marchés de gré à gré, 154,9 milliards) mais divergent sur 2023, par le nombre total de marchés comme par leur montant. Aucune n’explique l’écart, qui tient vraisemblablement à des périmètres ou à des dates d’arrêt des données différents. Nous retenons donc une fourchette, de 14,8 % à 41 % du montant, et un constat commun : le recours au gré à gré a augmenté en 2023. Clarifier cet écart serait, en soi, un progrès de transparence.
Les deux sources s’accordent aussi sur une autre tendance : la place des PME recule. Selon la DGMP, leur part dans le nombre de marchés approuvés est passée de 72,1 % à 59,2 %, et de 46,1 % à 45,4 % en montant, au-dessus du seuil réglementaire de 30 % (DGMP, 2024). Selon l’ARCOP, qui s’appuie sur les données de l’ANStat sur les titulaires, elle est tombée de 72 % à 61 % en volume et de 54 % à 40 % en valeur ; l’Autorité l’explique par « la faiblesse des capacités administratives, techniques et financières » des PME (ARCOP, 2025).
Le même rapport livre deux indices plus troublants. Plus de 85 % des titulaires sont situés dans la zone d’Abidjan. Et environ un tiers des marchés de 2023, entre 33 % et 36 % selon qu’on les compte en nombre ou en valeur, est revenu à des entreprises de moins de trois ans (ARCOP, 2025). Ces chiffres ne prouvent aucune fraude ; ils décrivent des procédures. Mais ils posent une question, et je l’assume : combien de ces jeunes structures ont été créées pour capter un marché plutôt que pour produire ?
L’État a aussi sa part. La moitié des demandes de conciliation introduites en 2023 auprès du régulateur concerne des retards de paiement des factures des titulaires, et les deux tiers ont abouti à une non-conciliation ; l’ARCOP y voit un risque pour les capacités financières et techniques des PME (ARCOP, 2025). Un État qui paie tard pénalise d’abord ceux qui travaillent sérieusement, et favorise ceux qui ont d’autres moyens d’être payés.
IV. Le contre-modèle : un informel structuré
Revenons au marché Gouro. Ce que montrent ses vendeuses, ce n’est pas l’absence de règles, mais des règles d’une autre nature : une coopérative, une présidente élue, la capacité de négocier et de se défendre collectivement (Kpodion, 2015 ; voir mon article « Femmes de l’informel : du marché Gouro à l’égalité d’accès », à paraître). La structuration est une compétence, et cette compétence existe déjà hors du formel. C’est elle qu’une politique publique devrait reconnaître et outiller, plutôt que d’exiger d’abord des statuts.
Gardons-nous d’idéaliser. Kate Meagher a montré, à Aba au Nigeria, que des réseaux d’entreprises informelles longtemps dynamiques pouvaient glisser vers le désordre sous l’effet de la libéralisation, du déclin de l’État et de leur capture politique (Meagher, 2010). La gouvernance informelle est une ressource ; elle ne remplace pas un État qui joue son rôle.
V. Structurer plutôt que tamponner
Si le statut ne fait pas la valeur, il faut cesser de récompenser le statut et commencer à récompenser la structuration. Je propose quatre pistes.
Récompenser les comptes tenus, non le cachet. Les outils existent. Le droit comptable OHADA prévoit pour les petites entités un système minimal de trésorerie, sous 60 millions de FCFA de chiffre d’affaires pour le négoce, 40 millions pour l’artisanat et 30 millions pour les services (OHADA, 2017, art. 13). En Côte d’Ivoire, l’adhésion à un centre de gestion agréé divise par deux la taxe d’État de l’entreprenant et ramène l’impôt des microentreprises de 6 % à 4 % (DGI Côte d’Ivoire, 2025). Ces avantages devraient être connus de tous, et étendus : un taux réduit et un accès prioritaire au crédit pour toute entreprise, formelle ou non, qui tient ses comptes (voir mon article « PME : un impôt qui investit dans ceux qui le paient », à paraître).
Ouvrir la commande publique à ceux qui produisent. Des lots plus petits et des marchés de proximité, réservés aux structures locales capables d’exécuter, plutôt qu’aux plus habiles à remporter ; une part de gré à gré publiée chaque trimestre et ramenée à l’exception ; des délais de paiement tenus, et des intérêts moratoires réellement versés.
Lier le crédit à l’accompagnement. Au Japon, le prêt public « Marukei », créé en 1973, est accordé sans garantie ni caution, jusqu’à 20 millions de yens, aux petites entreprises suivies en principe depuis au moins six mois par leur chambre de commerce, recommandées par elle et à jour de leurs impôts (JCCI, s.d. ; JFC, s.d. ; voir mon article « Ce que le monde nous apprend : Maurice, Rwanda, Ghana, Brésil, Allemagne, Japon », à paraître). Transposé chez nous, un accompagnement en gestion par une chambre consulaire ou une association professionnelle, plus une contribution payée avec régularité, ouvrirait un crédit sans caution.
Ne jamais formaliser sans accompagner. Au Bénin, une expérience menée auprès de 3 600 entreprises informelles lors du lancement du statut d’entreprenant a montré que la simple information ne suffisait pas, et que les entreprises formalisées ne gagnaient ni ventes ni bénéfices (Benhassine et al., 2018 ; voir mon article « Formaliser ou accompagner ? Les États et les collectivités face à la persistance de l’informel », à paraître). Une immatriculation sans accompagnement fabrique, au mieux, des statistiques ; au pire, de nouvelles façades.
Ce qu’on peut nous objecter
« Vous jetez l’opprobre sur les entreprises formelles. » Non. La plupart des entreprises ivoiriennes, formelles ou non, travaillent honnêtement et dans des conditions difficiles ; ce sont elles que pénalisent les passe-droits. Notre critique vise un système qui récompense l’apparence, pas les entrepreneurs qui y sont pris.
« Les jeunes entreprises doivent aussi pouvoir gagner des marchés. » Bien sûr, et c’est souhaitable. Le problème n’est pas l’âge d’une entreprise, mais l’absence de capacité réelle à exécuter. D’où des critères de capacité proportionnés à la taille des lots, plutôt que des barrières d’ancienneté.
« Les chiffres sont contradictoires. » Sur le gré à gré, oui, et nous l’avons dit. Mais les deux sources convergent sur l’essentiel : une hausse du gré à gré en 2023 et un recul de la part des PME. L’incertitude elle-même plaide pour la publication régulière, détaillée et cohérente des données de la commande publique.
Conclusion : changer de cible
Une politique qui ne regarde que le statut juridique se trompe de cible. Elle pousse les uns à s’immatriculer pour rien, et laisse les autres prospérer derrière un cachet. Le formel n’est pas une vertu ; la structuration, si. Elle se voit dans des comptes tenus, des objectifs suivis, des salariés formés, des clients plutôt que des protecteurs.
Reconnaître les acteurs qui créent de la valeur, quel que soit leur statut, et les aider à se structurer : c’est l’objet même de la contribution unique et de ses contreparties. Encore faut-il une fiscalité qui récompense la rigueur plutôt que le cachet.
À suivre, mon prochain article : « Réinventer la fiscalité de l’informel : une contribution unique modulée, un forfait et des paliers ». Comment construire une contribution simple, assise sur le chiffre d’affaires, dont le taux s’adapte au secteur et à l’activité, et pourquoi elle doit ouvrir des droits visibles.
Références
ARCOP - Autorité de régulation de la commande publique (2025). Rapport général sur la commande publique, gestion 2023. Abidjan : ARCOP. https://arcop.ci/download/175/rapports-dactivites/19896/rapport-general-de-la-commande-publique-gestion-2023-2.pdf
Banque mondiale (2023). Enterprise Surveys : Côte d’Ivoire 2023 Country Profile. Washington, DC : Banque mondiale. https://www.enterprisesurveys.org/content/dam/enterprisesurveys/documents/country/Cote-Divoire-2023.pdf
Benhassine, N., McKenzie, D., Pouliquen, V. et Santini, M. (2018). « Does inducing informal firms to formalize make sense? Experimental evidence from Benin ». Journal of Public Economics, 157, 1-14. https://doi.org/10.1016/j.jpubeco.2017.11.004
Benjamin, N. et Mbaye, A. A. (2012). The Informal Sector in Francophone Africa: Firm Size, Productivity, and Institutions. Washington, DC : Banque mondiale / AFD. https://doi.org/10.1596/978-0-8213-9537-0
DGI Côte d’Ivoire (2025). Impôts et taxes en Côte d’Ivoire : tableau synoptique, édition 2025. https://www.dgi.gouv.ci/assets/documents/IMPOTS%20ET%20TAXES%20EN%20COTE%20D'IVOIRE%20.pdf
DGMP - Direction générale des marchés publics, ministère des Finances et du Budget (2024). Communication en Conseil des ministres : situation des opérations de passation des marchés publics au titre de la gestion 2023. https://www.marchespublics.ci/uploads/doc/Projet_CCM_March%C3%A9s_2023.pdf
Gallien, M. et van den Boogaard, V. (2023). « Formalization and its Discontents: Conceptual Fallacies and Ways Forward ». Development and Change, 54(3), 490-513. https://doi.org/10.1111/dech.12768
JCCI - Chambre de commerce et d’industrie du Japon (s.d.). マル経融資 [Prêt Marukei]. https://www.jcci.or.jp/support/financing/marukei/index.html
JFC - Japan Finance Corporation (s.d.). マル経融資(小規模事業者経営改善資金) [Prêt Marukei, fonds d’amélioration de la gestion des petites entreprises]. https://www.jfc.go.jp/n/finance/search/kaizen_m.html
Kpodion, H. (2015, 27 juillet). « Marché Gouro d’Adjamé Roxy : des femmes du vivrier sur le pied de guerre ». Linfodrome. https://www.linfodrome.com/societe-culture/22105-marche-gouro-d-adjame-roxy-des-femmes-du-vivrier-sur-le-pied-de-guerre
La Porta, R. et Shleifer, A. (2014). « Informality and Development ». Journal of Economic Perspectives, 28(3), 109-126. https://doi.org/10.1257/jep.28.3.109
Meagher, K. (2010). Identity Economics: Social Networks and the Informal Economy in Nigeria. Woodbridge : James Currey. https://doi.org/10.1515/9781846157905
OHADA (2017). Acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière, adopté à Brazzaville le 26 janvier 2017. https://www.ohada.org/acte-uniforme-relatif-au-droit-comptable-et-a-linformation-financiere-audcif/
OIT (2018). Women and Men in the Informal Economy: A Statistical Picture, 3e édition. Genève : BIT. https://www.ilo.org/sites/default/files/2024-04/Women_men_informal_economy_statistical_picture.pdf
Transparency International (2026). Corruption Perceptions Index 2025 : Côte d’Ivoire. https://www.transparency.org/en/countries/c%C3%B4te-divoire
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